Être ou faire : ce que cache parfois une demande d’action
Être ou faire : ce que cache parfois une demande d’action
Elle voulait changer de situation
Changer de travail, peut-être. Ou de relation. En tout cas, bouger. Faire quelque chose. Parce que là où elle était, ça ne lui convenait plus.
C’est souvent comme ça que ça commence. Une demande claire, orientée action. Et une énergie réelle derrière — l’envie que les choses changent.
Sauf que dans les premières séances, quelque chose d’autre est apparu.
Elle ne savait pas dire non. Pas vraiment. Elle acquiesçait, s’adaptait, absorbait. Et accumulait — silencieusement — jusqu’à ce que la situation devienne insupportable. Alors elle voulait partir.
Ce qu’on a exploré ensemble : et si le problème n’était pas la situation, mais ce qui se passait en elle dans la situation ?
Quand « le faire » devient une stratégie d’évitement
Changer de travail, de relation, d’environnement — ça peut être la bonne décision. Parfois, c’est même la seule.
Mais ça peut aussi être une façon de ne pas rester avec ce qui est inconfortable. De contourner plutôt que de traverser.
Dans son cas, ce n’était pas la situation qui posait problème. C’était sa difficulté à poser ses limites — et derrière, quelque chose de plus profond : la peur du conflit. La peur du rejet. Le sentiment que dire non, c’est risquer de perdre le lien.
Tant qu’on ne regardait pas ça, changer de situation n’aurait rien changé. Elle aurait emporté le même schéma ailleurs.
Ralentir avant d’agir
C’est là que l’accompagnement prend une autre direction.
Non pas pour freiner l’action — mais pour créer un espace entre la demande et la réponse. Un espace où quelques questions deviennent possibles.
Qu’est-ce qui est présent pour vous, là, maintenant ? Qu’est-ce que vous ressentez quand vous imaginez dire non ? Si vous ne cherchiez pas à résoudre tout de suite, que remarqueriez-vous ?
Ces questions ne visent pas la performance. Elles visent la présence. Et c’est souvent depuis cet endroit-là que quelque chose se clarifie vraiment.
Ce qui a changé
Elle n’a pas changé de situation immédiatement.
Elle a d’abord compris ce qui la retenait. La peur du conflit, nommée, a commencé à perdre de son emprise. Elle a appris à rester dans l’inconfort d’un désaccord sans s’effondrer. À poser ses limites depuis ce dont elle avait besoin — pas contre l’autre, mais pour elle.
Et depuis cet endroit-là, ses choix sont devenus plus clairs. Plus justes. Plus à elle.
Ce que ça dit du coaching
Le coaching ne consiste pas seulement à aider à faire autrement.
Il consiste parfois à ralentir suffisamment pour permettre une rencontre avec ce qui est là — avant de décider quoi faire.
Parce que quand l’être est reconnu, le faire change de nature. Il n’est plus une réaction automatique. Il devient une réponse consciente.
Et c’est souvent là que les vraies transitions commencent.
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