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Au-delà de la todolist : l’intentionnalité

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Au-delà de la todolist : l’intentionnalité

L’Intentionnalité, le Muscle Invisible du Manager

En tant que manager, sur quoi portez-vous votre attention chaque matin ? Si vous êtes comme la majorité de vos pairs, la réponse tient en un mot : le contenu. Vous voyez des e-mails à traiter, des rapports à valider et des indicateurs de performance (KPI) à atteindre.

Pourtant, il existe une dimension supérieure qui transforme radicalement l’efficacité d’un leader : l’intentionnalité. C’est la capacité à poser un objectif (ou une intention) et l’avoir comme fil rouge pour observer non seulement ce que l’on fait, mais comment on le fait et pourquoi on le fait de cette manière, au bénéfice de l’intention.

Cette intention peut être liée à la tâche en cours, ou être d’un plus grand enjeu.

1. Sortir de l’hypnose du « Contenu »

Le manager classique voit le monde en deux dimensions : l’action et le résultat. C’est ce qu’on appelle le contenu.

  • Exemple : « Je dois animer cette réunion pour décider du budget. »

Le manager intentionnel, lui, voit le processus et le contenu du processus.

  • Il se demande : « Quelle est mon intention réelle ? Est-ce que c’est juste valider des chiffres, ou est-ce que c’est créer de l’engagement et de la co-responsabilité sur ces chiffres ? »

L’intentionnalité, c’est l’architecte qui dessine le plan avant que le maçon (le contenu) ne pose la première brique. Sans elle, on construit des murs, mais on oublie souvent d’y mettre des fenêtres.

2. La leçon du Coaching et de la Facilitation

Dans mon métier de coach et de facilitateur, l’intentionnalité est mon outil principal. Si je me concentre uniquement sur le contenu de ce que dit mon client, je passe à côté de l’essentiel.

  • En facilitation : L’intention n’est pas de « remplir des post-its ». L’intention est de créer un espace de sécurité où les non-dits peuvent émerger et où l’intelligence collective s’exerce. Le processus (la méthode de travail) est alors entièrement au service de cette intention.

  • En coaching : Mon intention est l’autonomie du coaché. Si je lui donne une solution (contenu), je sers le contenu mais je trahis mon intention. En restant sur le processus de questionnement, je sers l’intention à long terme.

Le Manager a la possibilité d’être à la fois dans cette posture de facilitation et dans le contenu.

3. La métaphore du Plan Marathon : La Robustesse par le Processus

Prenons l’exemple d’un plan d’entraînement pour un marathon. Un coureur focalisé sur le contenu se dira : « Je dois courir 42 km le jour J. »

Mais un plan marathon bien conçu est un pur processus intentionnel :

  • Chaque sortie (fractionné, endurance fondamentale, sortie longue) n’est pas juste une course de plus.

  • C’est un élément d’un tout visant à injecter de la vie (capacité cardiovasculaire), de la résistance (musculaire) et de la robustesse (mentale) dans le système.

  • L’intention n’est pas de courir le dimanche, mais de devenir quelqu’un capable de courir 42 km sans s’effondrer. Chaque séance est une brique du processus qui prépare le corps et l’esprit à l’imprévu.

 

4. L’Intentionnalité appliquée au Management : 3 Exemples concrets

Comment passer de la théorie à la pratique dans votre quotidien de chef de projet ou de manager ?

A. Mener un projet de longue haleine

  • Le réflexe contenu : Suivre le diagramme de Gantt et cocher les cases.

  • L’approche intentionnelle : Définir le projet comme un processus de maintien de l’alignement.

    • L’action : Chaque point hebdomadaire n’est pas une simple mise à jour technique, mais une intention de « ré-engagement ». On soigne le processus de communication pour que la robustesse du groupe tienne même quand le projet rencontrera ses inévitables crises.

B. Accompagner un collaborateur dans sa montée en compétence

  • Le réflexe contenu : Lui lister les formations à suivre et les manuels à lire ; tutorer au fur et à mesure.

  • L’approche intentionnelle : Voir la montée en compétence comme un processus de transformation de la confiance et du savoir-faire, et ne pas s’arrêter à chaque action.

    • L’action : Au lieu de corriger ses erreurs (contenu), vous questionnez son mode de raisonnement (processus) et sa prise d’autonomie. Votre intention est qu’il développe son propre discernement et intègre la pratique.

C. La transformation d’un rituel 

  • Le réflexe contenu : « Qu’est-ce que tu as fait hier ? Qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ? » (C’est souvent ennuyeux et passif).

  • L’approche intentionnelle : Transformer ce moment en un rituel de « synchronisation d’énergie ».

    • L’action : L’intention est que chacun reparte avec le sentiment d’être soutenu. Le processus change : on ne parle plus seulement de tâches, mais de points de blocage et d’entraide. Le contenu reste le même (le travail), mais la robustesse de l’équipe en est décuplée.


En conclusion : Le contenu nous occupe, mais c’est l’intentionalité qui nous fait progresser. En tant que manager, demandez-vous moins souvent « Quoi ? » et beaucoup plus souvent « Avec quelle intention et par quel processus ? ». C’est là que réside votre véritable levier de performance.


Quel aspect de l’intentionnalité vous semble le plus difficile à incarner dans votre culture d’entreprise actuelle ?